Capsule vidéo
01Objectifs
À la fin de ce module, vous saurez :
- expliquer ce que le PLS-SEM apporte par rapport à la régression et au CB-SEM ;
- construire le modèle dans SmartPLS 4 et lancer l'algorithme, le bootstrap et PLSpredict ;
- évaluer le modèle de mesure réflectif : loadings, alpha, rho_A, fiabilité composite, AVE ;
- établir la validité discriminante : Fornell-Larcker, loadings croisés et HTMT ;
- évaluer le modèle structurel : VIF, coefficients de chemin, R², f², Q²predict ;
- tester les hypothèses directes et indirectes et présenter les résultats.
02Explication théorique
Équations structurelles : deux modèles en un
Un modèle d'équations structurelles combine :
- un modèle de mesure (ou modèle externe) qui relie chaque construit à ses indicateurs ;
- un modèle structurel (ou modèle interne) qui relie les construits entre eux selon les hypothèses.
Il existe deux grandes familles. Le CB-SEM (AMOS, lavaan) estime les paramètres qui reproduisent au mieux la matrice de covariance observée ; il est orienté confirmation et exige des échantillons plus grands et des données proches de la normalité. Le PLS-SEM (SmartPLS) estime les construits comme des combinaisons pondérées de leurs indicateurs et maximise la variance expliquée des construits endogènes ; il est orienté explication et prédiction (Hair et al., 2022).
Ce que le PLS-SEM apporte par rapport à la régression
| Aspect | Régression (modules 7 à 9) | PLS-SEM |
|---|---|---|
| Scores des construits | Moyenne simple, poids identiques | Poids estimés : les meilleurs indicateurs pèsent davantage |
| Estimation | Une équation à la fois | Tout le modèle simultanément |
| Médiation | Plusieurs modèles PROCESS | Effets indirects estimés dans le même modèle |
| Qualité de la mesure | Évaluée à part (alpha, AFE) | Intégrée : loadings, AVE, HTMT |
| Inférence | Tests t paramétriques | Bootstrap, sans hypothèse de normalité |
L'algorithme en bref
L'algorithme PLS alterne deux étapes jusqu'à convergence : une estimation externe (chaque construit est approché par une combinaison de ses indicateurs) et une estimation interne (chaque construit est approché par les construits auxquels il est relié, selon le schéma de pondération « path »). Une fois les poids stabilisés, les scores des construits sont calculés et les coefficients de chemin sont estimés par régression OLS. Le modèle du cas fil rouge converge en quelques itérations, bien avant la limite de 3 000.
Les indicateurs du modèle de mesure
\(\rho_C\) : fiabilité composite (elle ne suppose pas des loadings égaux, à la différence de l'alpha) ; AVE : variance moyenne extraite, la part de variance des indicateurs captée par le construit. \(\rho_A\) (Dijkstra & Henseler, 2015) se situe en général entre l'alpha et \(\rho_C\).
Le HTMT (Henseler, Ringle & Sarstedt, 2015) estime la corrélation entre deux construits corrigée de l'erreur de mesure. S'il approche 1, les deux construits ne sont pas distincts.
Les indicateurs du modèle structurel
f² mesure la contribution d'un construit exogène au R² d'un construit endogène. Q²predict compare les erreurs de prédiction hors échantillon du modèle à celles d'une prédiction naïve par la moyenne : une valeur positive indique une pertinence prédictive (Shmueli et al., 2019).
03Conditions d'application
- Objectif : expliquer et prédire des construits clés, tester un modèle complexe (médiations, nombreux construits) ou travailler avec des construits formatifs.
- Taille d'échantillon : méthode de la racine carrée inverse (module 1) ; 155 pour détecter un chemin de 0,20, ici N = 200.
- Données : aucune hypothèse de normalité, mais des données issues d'un échantillon représentatif et sans valeurs manquantes non traitées.
- Mode de mesure : spécifier pour chaque construit s'il est réflectif ou formatif. Les quatre construits du cas fil rouge sont réflectifs.
- Modèle récursif : pas de boucle causale (A → B → A).
04Procédure pas à pas dans SmartPLS 4
Construire le modèle
- , nommez-le « Audit-Leadership-Performance ».
- Dans la fenêtre du projet, double-cliquez sur Import data file et sélectionnez
etude_fil_rouge.csv. Vérifiez que SmartPLS reconnaît le séparateur « ; » et qu'il indique 200 observations sans valeur manquante. - Créez un modèle : . Dans la barre d'outils, choisissez Latent variable et cliquez sur le canevas pour créer QAI, LEAD, SAT et PERF (renommez-les par F2).
- Glissez les indicateurs depuis le panneau Indicators vers chaque construit : QAI1 à QAI5, LEAD1 à LEAD4 et LEAD5_R, SAT1 à SAT4, PERF1 à PERF5. N'utilisez jamais les scores moyens (QAI, LEAD…) comme indicateurs.
- Outil Connect : tracez les 5 flèches QAI → SAT, LEAD → SAT, QAI → PERF, LEAD → PERF, SAT → PERF. Enregistrez (Ctrl+S).
Estimer et tester
- : schéma de pondération Path, 3 000 itérations maximum, critère d'arrêt 10−7. Start calculation. Le rapport donne loadings, fiabilité, validité, R², f², VIF et SRMR.
- : 5 000 sous-échantillons, Percentile bootstrap, test bilatéral (Two tailed), seuil 0,05. Le rapport donne t, p et intervalles de confiance pour les chemins, les effets indirects spécifiques et le HTMT.
- : 10 plis (folds), 10 répétitions. Le rapport donne Q²predict, RMSE et MAE, comparés au benchmark linéaire (LM).
- Après chaque calcul, exportez le rapport : ou Export to HTML, pour construire vos tableaux.
Modèle de mesure d'abord (Outer loadings → Construct reliability and validity → Discriminant validity), modèle structurel ensuite (Collinearity statistics → Path coefficients → R-square → f-square → PLSpredict). On ne commente les hypothèses que si la mesure est validée.
05Interpréter les sorties
Étape 1 — Modèle de mesure : fiabilité des indicateurs
| QAI | LEAD | SAT | PERF | |
|---|---|---|---|---|
| QAI1 | 0.837 | |||
| QAI2 | 0.875 | |||
| QAI3 | 0.828 | |||
| QAI4 | 0.367 | |||
| QAI5 | 0.810 | |||
| LEAD1 | 0.801 | |||
| LEAD2 | 0.786 | |||
| LEAD3 | 0.800 | |||
| LEAD4 | 0.792 | |||
| LEAD5_R | 0.767 | |||
| SAT1 | 0.861 | |||
| SAT2 | 0.821 | |||
| SAT3 | 0.847 | |||
| SAT4 | 0.808 | |||
| PERF1 | 0.833 | |||
| PERF2 | 0.848 | |||
| PERF3 | 0.824 | |||
| PERF4 | 0.810 | |||
| PERF5 | 0.814 |
Lecture. Un loading de 0,708 ou plus signifie que le construit explique au moins 50 % de la variance de l'indicateur (0,708² ≈ 0,50). Tous les indicateurs dépassent ce seuil, sauf QAI4 (0,367). Hair et al. (2022) recommandent de supprimer systématiquement un indicateur dont le loading est inférieur à 0,40. QAI4 est donc retiré, ce qui confirme les décisions des modules 3 et 4.
| QAI | LEAD | SAT | PERF | |
|---|---|---|---|---|
| QAI1 | 0.849 | |||
| QAI2 | 0.886 | |||
| QAI3 | 0.832 | |||
| QAI5 | 0.825 | |||
| LEAD1 | 0.801 | |||
| LEAD2 | 0.786 | |||
| LEAD3 | 0.800 | |||
| LEAD4 | 0.792 | |||
| LEAD5_R | 0.767 | |||
| SAT1 | 0.861 | |||
| SAT2 | 0.820 | |||
| SAT3 | 0.847 | |||
| SAT4 | 0.809 | |||
| PERF1 | 0.833 | |||
| PERF2 | 0.848 | |||
| PERF3 | 0.824 | |||
| PERF4 | 0.810 | |||
| PERF5 | 0.815 |
Dans le modèle final, les loadings vont de 0,767 (LEAD5_R) à 0,886 (QAI2). Le bootstrap montre qu'ils sont tous significatifs (p < 0,001).
Étape 2 — Fiabilité de cohérence interne et validité convergente
| Cronbach's alpha | Composite reliability (rho_a) | Composite reliability (rho_c) | Average variance extracted (AVE) | |
|---|---|---|---|---|
| QAI | 0.869 | 0.873 | 0.911 | 0.719 |
| LEAD | 0.848 | 0.852 | 0.892 | 0.623 |
| SAT | 0.854 | 0.857 | 0.902 | 0.697 |
| PERF | 0.884 | 0.887 | 0.915 | 0.682 |
Fiabilité : alpha (0,848 à 0,884), rho_A (0,852 à 0,887) et rho_C (0,892 à 0,915) dépassent tous 0,70 sans atteindre 0,95, au-delà duquel on suspecterait des items redondants.
Validité convergente : toutes les AVE dépassent 0,50 (de 0,623 pour LEAD à 0,719 pour QAI). Chaque construit explique plus de la moitié de la variance de ses indicateurs. Pour QAI, la suppression de QAI4 a fait passer l'AVE de 0,589 à 0,719.
Étape 3 — Validité discriminante
| QAI | LEAD | SAT | PERF | |
|---|---|---|---|---|
| QAI | 0.848 | |||
| LEAD | 0.360 | 0.789 | ||
| SAT | 0.429 | 0.448 | 0.835 | |
| PERF | 0.451 | 0.343 | 0.581 | 0.826 |
Fornell-Larcker : la diagonale contient la racine carrée de l'AVE (0,789 à 0,848). Chacune est supérieure aux corrélations du construit avec les autres (au maximum 0,581, entre SAT et PERF). Le critère est respecté (Fornell & Larcker, 1981).
| Original sample (O) | 2.5% | 97.5% | |
|---|---|---|---|
| LEAD <-> QAI | 0.415 | 0.277 | 0.543 |
| SAT <-> QAI | 0.494 | 0.374 | 0.616 |
| SAT <-> LEAD | 0.520 | 0.393 | 0.630 |
| PERF <-> QAI | 0.513 | 0.376 | 0.631 |
| PERF <-> LEAD | 0.397 | 0.262 | 0.520 |
| PERF <-> SAT | 0.663 | 0.548 | 0.757 |
HTMT : toutes les valeurs sont inférieures à 0,85 (la plus élevée : 0,663 entre PERF et SAT), et la borne supérieure de chaque intervalle de confiance bootstrap reste sous 0,85 (au maximum 0,758). La validité discriminante est établie selon le critère le plus exigeant (Henseler et al., 2015). C'est ce critère que les évaluateurs privilégient aujourd'hui, Fornell-Larcker manquant de sensibilité.
| QAI | LEAD | SAT | PERF | |
|---|---|---|---|---|
| QAI1 | 0.849 | 0.269 | 0.318 | 0.413 |
| QAI2 | 0.886 | 0.366 | 0.423 | 0.391 |
| QAI3 | 0.832 | 0.343 | 0.351 | 0.355 |
| QAI5 | 0.825 | 0.238 | 0.356 | 0.371 |
| LEAD1 | 0.250 | 0.801 | 0.333 | 0.276 |
| LEAD2 | 0.357 | 0.786 | 0.386 | 0.293 |
| LEAD3 | 0.276 | 0.800 | 0.357 | 0.306 |
| LEAD4 | 0.258 | 0.792 | 0.365 | 0.249 |
| LEAD5_R | 0.271 | 0.767 | 0.318 | 0.220 |
| SAT1 | 0.365 | 0.456 | 0.861 | 0.490 |
| SAT2 | 0.387 | 0.371 | 0.820 | 0.487 |
| SAT3 | 0.369 | 0.335 | 0.847 | 0.490 |
| SAT4 | 0.307 | 0.324 | 0.809 | 0.473 |
| PERF1 | 0.363 | 0.334 | 0.511 | 0.833 |
| PERF2 | 0.367 | 0.272 | 0.521 | 0.848 |
| PERF3 | 0.397 | 0.167 | 0.533 | 0.824 |
| PERF4 | 0.394 | 0.366 | 0.419 | 0.810 |
| PERF5 | 0.339 | 0.293 | 0.395 | 0.815 |
Chaque indicateur a son loading le plus élevé sur son propre construit (cellules surlignées) : les loadings croisés confirment la validité discriminante au niveau des indicateurs.
Étape 4 — Modèle structurel : colinéarité
| VIF | |
|---|---|
| QAI -> SAT | 1.149 |
| LEAD -> SAT | 1.149 |
| QAI -> PERF | 1.280 |
| LEAD -> PERF | 1.307 |
| SAT -> PERF | 1.394 |
Les VIF internes vont de 1,149 à 1,394, sous le seuil idéal de 3 (Hair et al., 2022) : la colinéarité ne biaise pas les coefficients de chemin.
Étape 5 — Coefficients de chemin et test des hypothèses
| Original sample (O) | Sample mean (M) | Standard deviation (STDEV) | T statistics (|O/STDEV|) | P values | 2.5% | 97.5% | |
|---|---|---|---|---|---|---|---|
| QAI -> SAT | 0.307 | 0.309 | 0.059 | 5.239 | 0.000 | 0.195 | 0.424 |
| LEAD -> SAT | 0.337 | 0.339 | 0.056 | 5.993 | 0.000 | 0.227 | 0.448 |
| QAI -> PERF | 0.236 | 0.236 | 0.071 | 3.318 | 0.001 | 0.091 | 0.372 |
| LEAD -> PERF | 0.054 | 0.055 | 0.062 | 0.868 | 0.386 | -0.063 | 0.178 |
| SAT -> PERF | 0.456 | 0.457 | 0.062 | 7.334 | 0.000 | 0.331 | 0.574 |
Lecture. Un chemin est significatif au seuil de 5 % si |t| > 1,96, si p < 0,05 et si l'intervalle [2,5 % ; 97,5 %] exclut 0. Les trois critères concordent toujours ; rapportez-en au moins deux.
H1 : QAI → PERF, β = 0,236, t = 3,32, p = 0,001, IC [0,091 ; 0,372] → validée.
H2 : LEAD → PERF, β = 0,054, t = 0,87, p = 0,386, IC [−0,063 ; 0,178] → rejetée.
H3 : SAT → PERF, β = 0,456, t = 7,33, p < 0,001, IC [0,331 ; 0,574] → validée.
Les chemins QAI → SAT (β = 0,307) et LEAD → SAT (β = 0,337) sont aussi significatifs (p < 0,001) : ce sont les chemins a des médiations.
| Original sample (O) | Sample mean (M) | Standard deviation (STDEV) | T statistics (|O/STDEV|) | P values | 2.5% | 97.5% | |
|---|---|---|---|---|---|---|---|
| QAI -> SAT -> PERF | 0.140 | 0.142 | 0.035 | 3.949 | 0.000 | 0.077 | 0.213 |
| LEAD -> SAT -> PERF | 0.154 | 0.155 | 0.032 | 4.758 | 0.000 | 0.094 | 0.223 |
| Original sample (O) | Sample mean (M) | Standard deviation (STDEV) | T statistics (|O/STDEV|) | P values | 2.5% | 97.5% | |
|---|---|---|---|---|---|---|---|
| QAI -> PERF | 0.376 | 0.378 | 0.066 | 5.693 | 0.000 | 0.241 | 0.502 |
| LEAD -> PERF | 0.208 | 0.210 | 0.065 | 3.198 | 0.001 | 0.083 | 0.336 |
H4a : effet indirect QAI → SAT → PERF = 0,140, IC [0,077 ; 0,213], p < 0,001 → validée ; l'effet direct étant significatif, la médiation est complémentaire.
H4b : effet indirect LEAD → SAT → PERF = 0,154, IC [0,094 ; 0,223], p < 0,001 → validée ; sans effet direct significatif, la médiation est indirecte seule.
Les conclusions sont identiques à celles de PROCESS (module 9). Les valeurs diffèrent un peu, car le PLS-SEM travaille sur des scores standardisés et pondérés, alors que PROCESS utilise des moyennes non standardisées. Retrouver les mêmes conclusions par deux méthodes renforce la robustesse des résultats.
Étape 6 — Pouvoir explicatif et taille des effets
| R-square | R-square adjusted | |
|---|---|---|
| SAT | 0.283 | 0.275 |
| PERF | 0.390 | 0.381 |
| f-square | |
|---|---|
| QAI -> SAT | 0.115 |
| LEAD -> SAT | 0.138 |
| QAI -> PERF | 0.071 |
| LEAD -> PERF | 0.004 |
| SAT -> PERF | 0.244 |
R² : le modèle explique 39,0 % de la variance de PERF et 28,3 % de celle de SAT. Selon Chin (1998), ces valeurs sont modérées (seuil de 0,33) pour PERF et faibles à modérées pour SAT ; selon Hair et al. (2011), elles se situent entre faible (0,25) et modéré (0,50). En sciences de gestion, où la performance dépend de nombreux facteurs, un R² de 0,39 est un résultat solide.
f² : SAT a un effet moyen sur PERF (0,244), QAI un effet faible (0,071) ; l'effet de LEAD sur PERF est négligeable (0,004 < 0,02), en cohérence avec le rejet de H2. Sur SAT, QAI (0,115) et LEAD (0,138) ont des effets faibles à moyens.
Étape 7 — Pouvoir prédictif (PLSpredict)
| Q²predict | RMSE | MAE | |
|---|---|---|---|
| SAT | 0.265 | 0.862 | 0.675 |
| PERF | 0.223 | 0.888 | 0.725 |
| Q²predict | PLS-SEM_RMSE | LM_RMSE | PLS-SEM_MAE | LM_MAE | |
|---|---|---|---|---|---|
| SAT1 | 0.236 | 0.882 | 0.911 | 0.707 | 0.731 |
| SAT2 | 0.197 | 0.939 | 0.955 | 0.756 | 0.772 |
| SAT3 | 0.167 | 0.962 | 1.000 | 0.788 | 0.819 |
| SAT4 | 0.130 | 0.959 | 0.984 | 0.794 | 0.810 |
| PERF1 | 0.163 | 0.955 | 0.972 | 0.779 | 0.794 |
| PERF2 | 0.145 | 0.893 | 0.919 | 0.716 | 0.739 |
| PERF3 | 0.125 | 0.971 | 0.988 | 0.777 | 0.786 |
| PERF4 | 0.195 | 0.898 | 0.922 | 0.718 | 0.743 |
| PERF5 | 0.134 | 0.960 | 0.985 | 0.791 | 0.815 |
Q²predict est positif pour SAT (0,265) et PERF (0,223), ainsi que pour chacun des 9 indicateurs endogènes : le modèle prédit mieux que la moyenne naïve.
Comparaison au benchmark linéaire : pour les 9 indicateurs, le RMSE du modèle PLS est inférieur à celui du modèle LM. Selon Shmueli et al. (2019), le modèle a donc un pouvoir prédictif élevé.
Étape 8 — Ajustement global
| Saturated model | Estimated model | |
|---|---|---|
| SRMR | 0.058 | 0.058 |
Le SRMR vaut 0,058, sous le seuil de 0,08 (Hu & Bentler, 1999 ; Henseler et al., 2016). Le modèle structurel reliant tous les construits entre eux, modèle saturé et modèle estimé sont identiques. Hair et al. (2022) rappellent que les indices d'ajustement restent d'un usage limité en PLS-SEM : présentez le SRMR à titre indicatif, sans en faire un critère décisif.
06Seuils de référence
| Critère | Seuil | Source |
|---|---|---|
| Modèle de mesure | ||
| Loading | ≥ 0,708 ; 0,40 à 0,708 : supprimer seulement si cela améliore AVE ou ρC au-delà du seuil ; < 0,40 : supprimer | Hair et al. (2022) |
| Alpha, ρA, ρC | 0,60 à 0,70 acceptable (exploratoire) ; 0,70 à 0,95 satisfaisant ; > 0,95 redondance | Hair et al. (2022) ; Dijkstra & Henseler (2015) |
| AVE | ≥ 0,50 | Fornell & Larcker (1981) |
| Fornell-Larcker | √AVE > corrélations avec les autres construits | Fornell & Larcker (1981) |
| HTMT | < 0,85 (construits distincts) ; < 0,90 (construits proches) ; borne sup. de l'IC sous ce seuil | Henseler, Ringle & Sarstedt (2015) |
| Modèle structurel | ||
| VIF interne | < 3 idéal ; ≥ 5 problématique | Hair et al. (2022) |
| Chemins (bootstrap 5 000) | |t| > 1,96 ; p < 0,05 ; IC 95 % excluant 0 | Hair et al. (2022) |
| R² | 0,25 faible ; 0,50 modéré ; 0,75 substantiel (ou 0,19 / 0,33 / 0,67) | Hair et al. (2011) ; Chin (1998) |
| f² | 0,02 faible ; 0,15 moyen ; 0,35 fort | Cohen (1988) |
| Q²predict | > 0 : pertinence prédictive | Shmueli et al. (2019) |
| PLSpredict | RMSE PLS < RMSE LM pour tous les indicateurs : pouvoir prédictif élevé ; pour la majorité : moyen ; pour une minorité : faible | Shmueli et al. (2019) |
| SRMR | < 0,08 (à titre indicatif) | Hu & Bentler (1999) ; Henseler et al. (2016) |
07Erreurs fréquentes
- Commenter les chemins avant d'avoir validé la mesure.
- Lire t et p dans le rapport de l'algorithme PLS : ils n'y figurent pas, il faut lancer le bootstrap.
- Garder un indicateur inversé non recodé : son loading devient négatif.
- Supprimer un indicateur à 0,65 alors que l'AVE et la fiabilité sont déjà satisfaisantes : Hair et al. ne le recommandent pas.
- Se contenter de Fornell-Larcker : le HTMT est aujourd'hui attendu.
- Présenter le SRMR ou le GoF comme preuve que « le modèle est validé » : le GoF n'est pas un indice d'ajustement valable (Henseler & Sarstedt, 2013).
- Utiliser les 5 000 sous-échantillons sans fixer la graine puis s'étonner que les p changent légèrement : c'est normal, consignez la valeur utilisée.
08Exemple de rédaction pour le mémoire
Le modèle a été estimé par la méthode PLS-SEM avec SmartPLS 4, selon la démarche en deux étapes de Hair et al. (2022). Concernant le modèle de mesure, l'indicateur QAI4 (loading = 0,37) a été supprimé. Les loadings des 18 indicateurs restants sont compris entre 0,77 et 0,89. La fiabilité est satisfaisante pour les quatre construits (α de 0,85 à 0,88 ; ρA de 0,85 à 0,89 ; ρC de 0,89 à 0,92) et les AVE, comprises entre 0,62 et 0,72, attestent la validité convergente. La validité discriminante est établie : la racine carrée de chaque AVE dépasse les corrélations entre construits (Fornell & Larcker, 1981) et tous les HTMT sont inférieurs à 0,85, y compris les bornes supérieures de leurs intervalles de confiance (Henseler et al., 2015).
Concernant le modèle structurel, les VIF (≤ 1,39) écartent tout problème de colinéarité. Le bootstrap (5 000 sous-échantillons) montre que la satisfaction (β = 0,46, t = 7,33, p < 0,001) et la qualité de l'audit interne (β = 0,24, t = 3,32, p = 0,001) influencent positivement la performance, ce qui soutient H3 et H1, tandis que l'effet direct du leadership n'est pas significatif (β = 0,05, t = 0,87, p = 0,386), ce qui conduit à rejeter H2. Les effets indirects via la satisfaction sont significatifs pour la qualité de l'audit interne (β = 0,14, IC 95 % [0,08 ; 0,21]) et pour le leadership (β = 0,15, IC 95 % [0,09 ; 0,22]), soutenant H4a et H4b. Le modèle explique 39 % de la variance de la performance et 28 % de celle de la satisfaction ; les valeurs de Q²predict (0,22 et 0,27) et la comparaison au benchmark linéaire indiquent un pouvoir prédictif élevé (Shmueli et al., 2019).
09Cas pratique
Exercice 1 — Calculer l'AVE
Les loadings de SAT sont 0,861 ; 0,820 ; 0,847 et 0,809. Calculez l'AVE et la fiabilité composite ρC.
Afficher la solution
AVE = (0,741 + 0,672 + 0,717 + 0,654)/4 = 0,696 (0,697 dans SmartPLS, à l'arrondi des loadings près).
Σλ = 3,337 ; (Σλ)² = 11,136 ; Σ(1 − λ²) = 4 − 2,785 = 1,215 ; ρC = 11,136 / 12,351 = 0,902.
Exercice 2 — Fornell-Larcker
L'AVE de LEAD vaut 0,623 et sa corrélation avec SAT vaut 0,448. Le critère est-il respecté pour cette paire ?
Afficher la solution
√0,623 = 0,789 > 0,448 : oui. Il faut aussi vérifier √AVE(SAT) = 0,835 > 0,448, ce qui est le cas.
Exercice 3 — f² à la main
R² de PERF = 0,390. Sans SAT, le R² de PERF tombe à 0,241. Calculez le f² de SAT.
Afficher la solution
\(f^2 = (0{,}390 - 0{,}241)/(1 - 0{,}390) = 0{,}149/0{,}610 = 0{,}244\) : effet moyen, valeur identique à la sortie SmartPLS.